barbara constantine

j’avais lu il y a quelques mois  » Tom petite homme… » (titre approximatif), de Barbara Constantine et j’ai trouvé chez Emmaüs  » Et puis, Paulette « .(livre de poche)

le thème me plaisait, et puis en ce moment je suis en recherche de lectures plus détendues, j’ai tendance à acheter des livres assez « sérieux » dans leur thème, et…

et j’ai lu «  Et puis Paulette  » en deux séquences, et j’avais le sourire aux lèvres quand je l’ai refermé.(je vous invite à cliquer sur le lien, l’internaute exprime bien ce que j’ai ressenti)

c’est tellement tentant, apaisant, cette idée qu’on peut s’entraider au point de vivre ensemble quand la vie offre des cadeaux empoisonnés; tellement réconfortant de voir un homme ouvrir sa maison à des personnes tellement différentes : la voisine mal connue, l’ami veuf, la jeune fille infirmière, les deux soeurs complètement dépassées par la violence d’un neveu qui lorgne sur l’héritage…

bon, j’ai ressenti deux bémols : la plupart se connaissent déjà parmi ces colocataires multi-âge; et surtout la fin, qui me paraît un peu « trop », mais qui me donne envie de lire la suite si l’auteur(e) veut bien nous l’écrire.

mais ce sont de petits bémols; il y a plein de petits moments, de courts dialogues qui disent beaucoup de l’affection, la tristesse, enfin tout ce qu’on peut ressentir.

ça serait bien aussi que le site inventé par Guy dans le roman, et qui « existerait » réellement, fonctionne. j’ai essayé, bernique! j’étais pourtant curieuse de voir le contenu de ce « solidarvioc.com« ; c’est que j’avance en âge, moi, il faut que je m’informe …. 😀

voilà, un  moment de bonheur simple, tentez la colocation par roman interposé 😉

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sophie hénaff

Besoin d’une parenthèse dans des lectures un peu déprimantes, j’ai acheté deux livres de cette auteur pour me distraire un peu, après avoir lu une critique de flof.

« Poulets grillés » puis « Rester groupés » (éditions le livre de poche); effectivement ça distrait, j’ai même trop veillé pour arriver au bout de l’un des tomes :).

Un personnage principal attachant, tout autant que les personnages secondaires.

une équipe de « bras cassés », en apparence du moins, regroupés au sein d’une brigade marginale pour officiellement faire place nette dans les autres services.

attention, on peut se retrouver placardisé pour des tas de motifs, dont certains relèvent de la subjectivité la plus « pure » (ou indécrottable?).

et finalement, on n’y est drôlement bien installé dans cet appartement-commissariat.

Et c’est là que j’arrive à ce qui s’est détaché nettement dans mon ressenti : on dirait un peu un jeu d’enfants, du genre « on dirait que… ».

on dirait qu’on est policiers mais qu’on fait comme on veut

on dirait qu’on est au travail mais à la maison en même temps et puis tant qu’à faire au club de loisirs aussi

on dirait que les infos nous arrivent comme ça

Finalement il y a des « trucs » qui se voient un peu trop; l’auteur fait feu du bois dont elle est entourée, le monde cosmopolitain  😉  Paris etc…

Voilà, le genre de bouquin qu’on dévore mais dont on se dit dès la dernière page tournée que vraiment c’est pas trop, enfin pas très…

Et pourtant on aime bien les personnages, et on a envie de les retrouver, peut-être dans de « vraies » intrigues moins cousues de fil blanc?

junichirô tanizaki

« Le chat, son maître et ses deux maîtresses » est un recueil de quatre nouvelles, la première (et la plus longue) donnant son titre au livre Junichirô Tanizaki. (FOLIO)

Une histoire « d’amour » entre un homme et la chatte qu’il a recueillie, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes au sein de son couple, j’ai envie de dire de ses couples, puisque la première femme sera « répudiée », au profit d’une seconde qui craquera elle aussi quand la première épouse demandera la garde de la chatte, avec l’espoir secret que cela lui ramènera son mari. Vous suivez??? 🙂

bon, un livre de plus pour tenter de connaître un peu les Japonais, mais ce n’est pas si simple, d’autant que le livre étant paru en 1918 – première édition, l’histoire doit être contemporaine. Et les changements de l’ère Meiji finalement proches (1868)

La deuxième nouvelle raconte la vie difficile d’un instituteur, victime de la pauvreté mais pédagogue convaincu qui sera bousculé dans ses certitudes par l’arrivée d’un élève à la personnalité forte qui entraînera derrière lui toute une classe.

Les troisième et quatrième nouvelles nous font connaître un Professeur par l’entretien qu’il veut bien accorder à un journaliste; entretien accordé, mais pour les réponses aux questions… mais le journaliste est un journaliste, il connaît son boulot 😉 .Je suis sûre d’avoir loupé des choses là aussi, mais à bien y réfléchir, je crois pouvoir faire le lien avec le problème de la lèpre qui est évoqué dans un film vu il y a deux ans, « Les délices de Tokyo« ; j’avais alors fait une petite recherche (ici). D’où je tire la conclusion que je dois continuer à lire un peu dans tous les sens, et tenter de relier les fils pour m’y retrouver.

knobelspiess

« Voleur de poules », Une histoire d’enfant de Roger Knobelspiess.

Si je n’ai mis que son nom de famille dans le titre de l’article, c’est que seul ce nom figure sur la couverture d’un livre qui se lit aisément, mais dont le contenu n’est pas toujours tendre. Le quotidien d’une famille pauvre, « les K », dans un quartier pauvre d’Elboeuf, après la guerre (39-45 pour les jeunettes qui liraient mon blog), la promiscuité, la faim, la délinquance.  Pas de sujet tabou, et on peut comprendre comment pousse « la mauvaise graine »; une graine pas pire que les autres, mais mettez des poux sur la tête d’un gamin, et observez…

En lisant ça, j’ai pensé à l’enfance que raconte Daniel Picouly. Il y avait plus d’amour, plus de quoi qu’il n’y a pas eu chez les K.?

J’ai aussi pensé à l’Abbé Pierre, et là j’ai vraiment ressenti ce que j’ai pu voir dans des documentaires ( je n’étais pas encore là en 54 😉 ).

Un livre qui se lit bien, mais douloureux. Parce qu’ATD-Quart monde a encore du pain sur la planche, à défaut d’en trouver beaucoup sur la table des pauvres. (façon de parler n’est-ce pas?)

Et je suis admirative que de tout cette histoire sorte un écrivain.

Si vous croisez ce livre, ne passez pas votre chemin.

 

livres et adjectifs

je les réunis dans un même article, ces trois romans que je viens juste de lire, car, sauf à faire de la paraphrase, je ne saurais trop en faire un « compte-rendu, par contre, dès le premier, des adjectifs me sont venus spontanément à l’esprit quand je les ai lus.

et je les ai tous aimés!

dans l’ordre chronologique, « L’enfant multiple » d’Andrée Chédid, auteure généreuse, qui fait aimer le Liban dans lequel elle a vécu. une histoire que certains appelleraient « conte » mais pas moi (suis mon regard Val). une écriture si fluide, si « simple » quand les sentiments et faits racontés sont si riches : la guerre au Liban, le handicap, la vie, la mort…

pour ce roman, l’adjectif « poétique« .

puis j’ai lu « Les carnets de Victorien Mars » de Maxence Fermine ou  la guerre de 14-18 telle que l’a vécue un soldat qui ne fanfaronne pas au départ de Lyon, et il a raison; les romans sur cette guerre ne manquent pas, certes, mais celui-ci m’a convaincue, l’impression de lire les souvenirs d’un soldat qui aurait réellement vécu. pas drôle du tout, mais pas pitoyable, oh non, la vie telle qu’elle va pour des gars à qui on n’a pas demandé leur avis.

pour ce roman, l’adjectif « efficace« .

Quand même, je ne résiste pas au plaisir de rapporter un raccord désaccordé : page 19 un pistolet est pointé sur la tempe d’un soldat, page 159 il se retrouve être pointé entre les deux yeux. Ce qui m’a donné l’occasion de sourire à propos d’une scène terrible. Je m’interroge quand même sur la (re-)lecture, mais j’ai eu beau lire et relire, le « déraccordage » 😉 était toujours là !

et troisième roman, « Montedidio » d’Erri de Luca. j’avais envie de connaître/lire cet écrivain, entendu à la radio interviewé par Kathleen Evin il y a plusieurs années. il y avait tant d’humanité dans cet homme…

la vie à Naples fin des années 50 si j’ai bien compté; un garçon de 13 ans quitte l’école pour apprendre le métier de menuisier, et il raconte cette année qui va changer sa vie. il raconte la vie dans ce quartier pauvre de Naples, le travail comme il se déroule encore à cette époque, la langue napolitaine et la langue italienne, (d’ailleurs tout un tas d’expressions sont indiquées en napolitain puis traduites) et puis il raconte la bosse de Rafaniello, et là c’est la générosité à l’état pur.

pour ce roman, les adjectifs « nostalgique, généreux, amoureux » mais il y  en aurait d’autres sans doute.

Je ne sais pas si un article comme ça peut vous donner envie de lire ces ouvrages/livres/romans/oeuvres, mais au moins, feuilletez-les si vous les rencontrez!

 

guillaume bailly

la vérité est-elle plus brutale que la fiction?

on peut l’imaginer, pourtant j’ai plus de mal à terminer la lecture du roman de Didier Decoin « l’enfant de la mer de Chine » (parce que j’ai regardé la fin et que… mais je ne dévoile rien ici)que celle de ce livre qui réunit des « histoires inimaginables aux scénarios improbables… et pourtant (…) vraies » selon la quatrième de couverture.

« Mes sincères condoléances » se lit très facilement, et son style m’a rappelé (un peu!) ceux de Michel Sapanet, médecin-légiste à Poitiers (en retraite maintenant).

livre-témoignage, qui je suppose fait appel aussi aux expériences des collègues de l’auteur, qui est « croque-mort- depuis vingt ans. il y a les histoires plus légères, qui se rapportent à des lapsus et autres difficultés techniques ; il y a celles plus graves des corps retrouvés des semaines après le décès, mais le ton est si juste que ça passe très bien, enfin c’est mon avis, parce que ce thème m’intéresse. il y a les histoires de famille, comme on en connaît tous, j’avoue que certaines ici sont assez sidérantes! d’autres apportent un message d’optimisme pour l’humanité (au sens du sentiment d’humanité), celle des employés des pompes funèbres comme de certains clients.

de temps en temps, une page propose un encadré, qui donne l’étymologie d’un terme,  rapporte une idée reçue, offre une réflexion.

le sous-titre « les plus belles perles d’enterrements » ne me paraît pas justifié, peu d’histoires rentrent dans ce cadre.

cependant, même si le thème vous paraît funèbre, je le recommande, il vous fera au minimum mieux connaître un métier qu’on n’exerce pas par vocation mais qu’on exerce du mieux possible pour accompagner les gens dans la peine la plus grande. le sous-titre « les plus belles perles d’enterrements » ne me paraît pas justifié, peu d’histoires rentrent dans ce cadre.

et pour la fin le clin d’oeil 😉 : le livre est publié par les Editions de l’Opportun. étonnant, non? 😉

claudel philippe

 

« L’Arbre du pays Toraja »

Si le sujet est mortel (^-^), le livre est un peu « soporifique ».

N’allez pas vous imaginer qu’il soit ennuyeux, que non !

Simplement, le ton et le sujet font que, comme je lis le soir en général, je n’avais pas de mal à éteindre la lumière . Pas de suspens, l’ami est mort, l’auteur a du chagrin, de la peine, il est renvoyé à sa propre vie, sa propre mort.

De Philippe Claudel, j’ai lu il y a plusieurs années « La fille de Monsieur Linh », je crois me souvenir de la chute, mais je pourrais bien le relire, je ne me souviens pas de l’histoire.

Pour en revenir à mon sujet, je viens de lire « L’Arbre du pays Toraja ».

au départ, j’étais un peu méfiante. C’est que le sujet n’est pas anodin; dès la troisième page, l’auteur évoque les rites funéraires du pays des Toraja pour les « très jeunes enfants venant à mourir au cours des premiers mois ». Du lien entre les croyances et l’imaginaire…

Il alterne de façon très naturelle les souvenirs avec son ami Eugène, le tournage du film à venir, ses réflexions sur la vie et la mort, -que sont-elles vraiment?-, sa vie personnelle, entre son ex-femme avec laquelle il forme « Le couple de la 107 » et sa voisine de l’appartement d’en face, qu’il observe, non en voyeur, mais qu’il cherche à imaginer dans sa vie à elle.

J’ai été partagée entre un peu d’agacement devant certaines « réflexions » que je peux reprendre à mon compte, et ça ne m’a pas trop  plu. Le partage de sa vie intime m’a laissée un peu perplexe : est-ce un roman ou du vécu ? Car il parle alors de personnes qui sont impliquées dans sa vie, et ça ne les gêne pas ??? bon… je décide de ne pas m’y arrêter.

Les pages qui racontent la profonde amitié sont très sensibles, pas apitoyées ni « apitoyantes » ; celles qui racontent le lien avec son ex-femme sont aussi sensibles et donnent à réfléchir, notamment lorsqu’il parle de l’enfant mort-né.

Et puis il y a les pages cinéma, le récit des dernières mises au point du scénario dans sa chambre d’enfant, la rencontre avec Michel Piccoli et Eric Ruf pour le film « La fabrique intérieure ».

Beaucoup d’autres choses encore sans doute, mais maintenant c’est à vous de lire ce livre qui m’a été offert et je remercie A pour cette lecture.