guillaume bailly

la vérité est-elle plus brutale que la fiction?

on peut l’imaginer, pourtant j’ai plus de mal à terminer la lecture du roman de Didier Decoin « l’enfant de la mer de Chine » (parce que j’ai regardé la fin et que… mais je ne dévoile rien ici)que celle de ce livre qui réunit des « histoires inimaginables aux scénarios improbables… et pourtant (…) vraies » selon la quatrième de couverture.

« Mes sincères condoléances » se lit très facilement, et son style m’a rappelé (un peu!) ceux de Michel Sapanet, médecin-légiste à Poitiers (en retraite maintenant).

livre-témoignage, qui je suppose fait appel aussi aux expériences des collègues de l’auteur, qui est « croque-mort- depuis vingt ans. il y a les histoires plus légères, qui se rapportent à des lapsus et autres difficultés techniques ; il y a celles plus graves des corps retrouvés des semaines après le décès, mais le ton est si juste que ça passe très bien, enfin c’est mon avis, parce que ce thème m’intéresse. il y a les histoires de famille, comme on en connaît tous, j’avoue que certaines ici sont assez sidérantes! d’autres apportent un message d’optimisme pour l’humanité (au sens du sentiment d’humanité), celle des employés des pompes funèbres comme de certains clients.

de temps en temps, une page propose un encadré, qui donne l’étymologie d’un terme,  rapporte une idée reçue, offre une réflexion.

le sous-titre « les plus belles perles d’enterrements » ne me paraît pas justifié, peu d’histoires rentrent dans ce cadre.

cependant, même si le thème vous paraît funèbre, je le recommande, il vous fera au minimum mieux connaître un métier qu’on n’exerce pas par vocation mais qu’on exerce du mieux possible pour accompagner les gens dans la peine la plus grande. le sous-titre « les plus belles perles d’enterrements » ne me paraît pas justifié, peu d’histoires rentrent dans ce cadre.

et pour la fin le clin d’oeil 😉 : le livre est publié par les Editions de l’Opportun. étonnant, non? 😉

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claudel philippe

 

« L’Arbre du pays Toraja »

Si le sujet est mortel (^-^), le livre est un peu « soporifique ».

N’allez pas vous imaginer qu’il soit ennuyeux, que non !

Simplement, le ton et le sujet font que, comme je lis le soir en général, je n’avais pas de mal à éteindre la lumière . Pas de suspens, l’ami est mort, l’auteur a du chagrin, de la peine, il est renvoyé à sa propre vie, sa propre mort.

De Philippe Claudel, j’ai lu il y a plusieurs années « La fille de Monsieur Linh », je crois me souvenir de la chute, mais je pourrais bien le relire, je ne me souviens pas de l’histoire.

Pour en revenir à mon sujet, je viens de lire « L’Arbre du pays Toraja ».

au départ, j’étais un peu méfiante. C’est que le sujet n’est pas anodin; dès la troisième page, l’auteur évoque les rites funéraires du pays des Toraja pour les « très jeunes enfants venant à mourir au cours des premiers mois ». Du lien entre les croyances et l’imaginaire…

Il alterne de façon très naturelle les souvenirs avec son ami Eugène, le tournage du film à venir, ses réflexions sur la vie et la mort, -que sont-elles vraiment?-, sa vie personnelle, entre son ex-femme avec laquelle il forme « Le couple de la 107 » et sa voisine de l’appartement d’en face, qu’il observe, non en voyeur, mais qu’il cherche à imaginer dans sa vie à elle.

J’ai été partagée entre un peu d’agacement devant certaines « réflexions » que je peux reprendre à mon compte, et ça ne m’a pas trop  plu. Le partage de sa vie intime m’a laissée un peu perplexe : est-ce un roman ou du vécu ? Car il parle alors de personnes qui sont impliquées dans sa vie, et ça ne les gêne pas ??? bon… je décide de ne pas m’y arrêter.

Les pages qui racontent la profonde amitié sont très sensibles, pas apitoyées ni « apitoyantes » ; celles qui racontent le lien avec son ex-femme sont aussi sensibles et donnent à réfléchir, notamment lorsqu’il parle de l’enfant mort-né.

Et puis il y a les pages cinéma, le récit des dernières mises au point du scénario dans sa chambre d’enfant, la rencontre avec Michel Piccoli et Eric Ruf pour le film « La fabrique intérieure ».

Beaucoup d’autres choses encore sans doute, mais maintenant c’est à vous de lire ce livre qui m’a été offert et je remercie A pour cette lecture.

Grand Corps Malade

Je préfèrerais utiliser le nom réel de l’auteur, Fabien Marsaud, car dans ce livre « Patients », il raconte les premiers mois qu’il a vécus, en centre de réanimation puis de rééducation après son accident qui le rend tétraplégique.

Je me suis décidée pour cette lecture, avant de voir le film si l’occasion se présente. Le slam de Fabien Marsaud ne me touche pas plus que ça, mais le sujet m’intéressait, parler du handicap sans tomber dans le pathos inutile.

Le livre est léger à lire, autant que les drames vécus sont lourds.

A propos du premier centre de rééducation qu’il quitte après plusieurs mois, il dit que « jamais il n’a autant ressenti la violence de cette immersion dans le monde du handicap, et jamais il n’a retrouvé autant de malheur et autant d’envie de vivre réunis en un même lieu, jamais croisé autant de souffrance et d’énergie, autant d’horreur et d’humour« . Ce récit qui m’a paru parfois presque trop léger pour faire toucher du doigt si j’ose dire le poids de ces épreuves se teinte de gravité dans les dernières pages : « Et jamais plus je n’ai ressenti autant d’intensité dans le rapport des êtres humains à l’incertitude de leur avenir. »

Cette phrase à elle-seule vaut la lecture de ce livre court, excellent comme départ d’une réflexion à mener sur le handicap.

la petite pile à lire du supermarché

aller « dans » le supermarché le soir à vingt minutes environ de la fermeture est assez délicieux comme sensation dans son genre : il n’y a presque personne, les employés ne vont pas tarder à débaucher (on dit comme ça en Poitou pour dire qu’on a terminé sa journée de travail) et sont assez -et même plus- aimables, peuvent changer deux trois mots, et nous, nous allons non pas faire nos courses, mais flâner au rayon bouquins, magazines, journaux.

l’autre soir, j’ai ainsi acheté :

« Patients » de Grand Corps Malade (je n’ai pas vu le film) (LU)

« Un an après » d’Anne Wiazemsky ( ça semble être la suite d »Une année studieuse ») (LU)

« 2084 » de Boualem Sansal (j’hésite depuis un moment, et là je me suis décidée)

ce serait sans doute mieux d’acheter chez un libraire indépendant mais il faut aller en ville exprès… 😦

connaissez-vous ces livres? ces auteurs? racontez-moi!

saburo ishikawa

j’avais trouvé et lu dans un premier temps les tomes 1 et 3 du manga

« une sacrée mamie »

de Saburo Ischikawa

et puis je viens de trouver le tome 2, toujours à Emmaüs. les enfants s’écriraient « YES! » mais je dirai plutôt « SUGOÏ! » ( すごい : super, en japonais)

manga tiré d’un roman autobiographique, de Yôshichi Shimada, il raconte l’histoire d’un petit Japonais confié à sa grand-mère, à la campagne, par sa maman qui travaille à la ville et n’a pas les moyens matériels de s’occuper de son petit garçon.

émotifs, émotives, rangez vos mouchoirs!

car ici pas d’apitoiement; de la sensibilité oui, mais pas plus.

parce que mamie est une sacrée mamie! la vie est dure, elle connaît la misère, mais voit toujours les choses du bon côté.

rien à manger? allons voir ce que la rivière nous a apporté.

pas de machine à laver, à quoi bon dépenser inutilement de l’électricité?

Akihiro n’est pas brillant à l’école? de toutes façons, on le sait bien, alors…

mamie est malade? Akihiro va travailler à se place car ils n’ont pas les moyens de perdre une journée de salaire.

ce ne sont que quelques exemples que ma mémoire a bien voulu faire remonter vite fait pour cet article… 🙂

et le tome 3 se termine sur une recette de se grand-mère que nous offre Yôshichi Shimada, celle du concombre macéré, « trop bon » paraît-il, je ne l’ai pas encore essayée! 😀

et en cherchant un lien je m’aperçois qu’il y a encore au moins huit tomes à lire???!!! oh j’ai quelques moments de plaisirs livresques en réserve.

conseils pour lire un manga : vous démarrez par ce qui vous semble être la fin du livre; vous lisez les cases de la droite vers la gauche, et les phylactères de même.  [cela vient de la lecture des écrits en japonais qui (moins aujourd’hui mais dans les journaux encore)se lisait verticalement, de droite à gauche.] on est dépaysé mais on s’y fait très bien, logique oblige.

 

un an après, cinquante ans après…

la lecture d’ « Un an après » d’Anne Wiazemsky, qui fait suite à « Une année studieuse » et se passe en mai 68 m’a donné vraiment envie de découvrir un peu plus Jean-Luc Godard.

pour cela je commence par youtube.

et j’ai trouvé cette vidéo-interview, qui, à l’heure où se prépare une réforme des textes de loi sur le code du travail ET où un tribunal va décider du sort de GM&S, me paraît terriblement d’actualité; mais à part les télés, qui filme cette lutte des ouvriers pour conserver un travail???

pour en revenir au livre d’Anne Wiazemsky, j’étais au départ moins captivée que pour le livre « Une année studieuse »; finalement, c’est assez logique, le couple qu’elle forme avec J-L Godard est bien moins « fun »; et puis la description de la vie en mai 68 et des émeutes où ils se sont trouvés m’a rappelé des souvenirs et m’a intéressée non plus sur un plan personnel mais « social ».

il existe à Poitiers une association et un festival Filmer le travail. je n’y suis jamais allée, prise par d’autres activités, mais j’imagine que l’an prochain je regarderai le programme de plus près.

 

 

 

 

paul auster

Paul Auster, j’avais beaucoup aimé l’entendre dans une interview il y a quelques années, puis assez longtemps après, l’occasion de feuilleter un de ses livres ne m’avait pas donné envie de lire davantage sa prose.

on en disait tant de bien de cet auteur, pourtant….     bref!

et puis Sylvie, du blog mayaintaïwan l’avait cité encore, et cela m’a donné envie de réessayer.

et je suis « tombée » sur Tombouctou« .

et là… j’ai été conquise par l’écriture, l’histoire, la description des faits et des ressentis

un beau roman, assez triste mais si riche.

un chien dont le maître SDF meurt, qui doit tâcher de survivre et pourquoi pas se trouver un nouveau « foyer », quand bien même son maître resterait dans son coeur pour toujours. à moins qu’il ne le rejoigne à Tombouctou, là où les humains vont lorsqu’ils sont morts?

cela c’est l »histoire présentée résumée, très résumée.

parce que je ne vous dis pas qui était Willy, le maître.

parce que vous ne connaissez pas Mr. Bones, le chien.

parce que je ne vous raconte pas leurs rêves.

parce que vous n’aurez pas encore rencontré Henry, Alice et Polly.

vraiment, si vous avez du coeur, si vous aimez les chiens, ou pas, lisez « Tombouctou« .